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27.02.2011 - dim. : 11'51 - Mise à jour 27.02.2011 - dim. : 11'51

Fethi Terbil, l'avocat par qui la révolte anti-Kadhafi est arrivée

BENGHAZI

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BENGHAZI - Inspiré par les révolutions tunisienne puis égyptienne à ses portes, le soulèvement en Libye a aussi son héros, l'avocat Fethi Terbil, dont l'arrestation a donné le signal de l'insurrection.

Après Mohammed Bouazizi, le vendeur ambulant diplômé, martyr du malaise social et politique en Tunisie, et Waël Ghoneim, dénonciateur des tortures de la police égyptienne, Fethi Terbil, 39 ans, incarne la contestation contre le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

"Je veux qu'il soit traduit en justice, dans un procès équitable", assure cet avocat, coiffé d'une casquette, un keffieh noué autour du cou et des chaussures de sport aux pieds.

"C'est encore la tenue de la révolution, mais ça ne va pas durer", s'excuse le jeune homme, entouré de conseillers plus âgés, qui laisse percer sa nervosité face au soudain intérêt médiatique, lors d'une rencontre avec des journalistes.

 "J'espère de tout coeur que Kadhafi sera arrêté vivant, mais si ce n'est pas possible...", affirme-t-il, avant de conclure sa phrase en se passant la tranche de la main sur le cou en un geste sans équivoque.

L'avocat a rencontré le dossier de sa vie lors de la répression de la mutinerie de la prison d'Abou Slim, près de Tripoli, en 1996 dans laquelle ont péri quelque 1.200 détenus, selon des organisations de droits de l'Homme, dont un de ses frères, son cousin et son beau-frère.


"Les prisonniers se sont mutinés pour réclamer de meilleures conditions de détention, un procès équitable et le droit à des visites", raconte-t-il. "Ce régime oppressif et brutal les a massacrés en l'espace de deux ou trois heures et a tenté d'étouffer ce crime".

Depuis, Fethi Terbil, "arrêté à sept reprises, y compris en tant qu'étudiant", représente un groupe de familles de Benghazi, deuxième ville de Libye, dans l'est du pays, qui ont perdu l'un des leurs dans la répression de la mutinerie, un combat inégal face à l'appareil sécuritaire, jusqu'au moment fatidique de sa dernière interpellation.

"Le 15 février, une vingtaine de membres des forces de sécurité lourdement armés sont venus m'arrêter chez moi", explique-t-il. "La nouvelle s'est répandue parmi les familles des victimes qui ont décidé de manifester pour ma libération".

"J'ai été conduit à Abdallah Senoussi, responsable de la sécurité personnelle de Mouammar Kadhafi, qui se trouvait à Benghazi", précise-t-il.

 "Il était très nerveux et m'a demandé quel était notre objectif. Je lui ai répondu: "La vérité sur Abou Slim et que justice soit rendue", indique l'avocat.

 "Je me suis rendu compte que ce qu'il voulait, c'était prévenir la tenue de la manifestation", quelques jours à peine après la démission forcée du président égyptien Hosni Moubarak, chassé par la contestation populaire, comme avant lui le chef de l'Etat tunisien Zine el Abidine Ben Ali.

"Je lui ai proposé de me laisser sortir pour aller parler aux manifestants mais il m'a dit que s'ils voulaient protester, les forces de sécurité pouvaient les empêcher et qu'il ne voulait pas faire de moi un héros", poursuit Fethi Terbil, finalement relâché le 16 février à l'aube.


 "Nous nous sommes revus ce jour-là et il a refusé ma proposition de laisser la manifestation se dérouler", ajoute-t-il.


Depuis, l'insurrection qui s'est déclarée à Benghazi le 17 février "s'est propagée à toute la Libye", remarque le jeune homme, qui ne se voit pas pour autant de rôle prééminent dans un nouveau régime.

"Il est difficile d'exercer de hautes responsabilités dans ce pays et je ne crois en avoir ni les capacités ni l'ambition", assure-t-il.