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19.07.2013 - ven. : 08'05 - Mise à jour 19.07.2013 - ven. : 08'04

Huit ans de goulag pour une "oasis de liberté de quatre heures"

Roumanie

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SIGHETU MARMATIEI (Roumanie) - "Dans le delta du Danube, nous avons dû travailler comme des esclaves, à ériger des digues. Peut-être que seules les pyramides ont été construites sur la base d'un travail physique aussi inhumain", confie Teodor Stanca.


Organisateur, en 1956, d'une réunion d'étudiants à l'université roumaine de Timisoara pour demander davantage de liberté, il fut condamné lors d'un simulacre de
procès à huit ans de prison qui se transformèrent en travaux forcés. Il avait 23 ans. Le régime communiste roumain venait d'instaurer une période de terreur pour décourager
toute critique.


 "Nous ne demandions qu'un peu plus de liberté, le départ des troupes russes, la baisse des impôts étranglant les paysans, des salaires un peu plus élevés pour
les ouvriers...", raconte à l'AFP cet homme aujourd'hui âgé de 80 ans. "Cette réunion où sont venus plus de 2.000 étudiants fut comme une oasis de liberté", dit-il.


"Mais elle n'a duré que quatre heures", poursuit-il en regardant le récit de l'événement dans une des salles du Mémorial-musée des victimes du communisme et de
la résistance à Sighetu Marmatiei (nord). Condamné, il découvre les prisons communistes et leur "régime d'extermination": froid, faim, absence d'assistance médicale, humiliations, coups.


 "En 1958, il y a eu une épidémie de grippe, j'ai beaucoup maigri, je n'avais plus de salive, je ne pouvais même plus avaler le petit quignon de pain qu'ils nous donnaient à manger", se souvient-il. Mais dans l'horreur, la foi en Dieu et la solidarité font tenir. Ses co-détenus lui introduisent les bouts de pain dans la bouche pour qu'il ne meure pas.


Teodor Stanca dut attendre quatre ans avant de pouvoir envoyer à ses proches, un premier signe de vie. "L'espérance n'est jamais morte" même si l'intervention de l'Europe de l'ouest et des Américains tant espérée n'est jamais arrivée. "Les Roumains étant nés poètes", les détenus fabriquent en cachette du papier "avec la poussière grattée sur les murs des cellules, du savon et de l'eau pour écrire quelques mots avec du fil de fer et s'échapper mentalement".