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10.10.2017 - mar. : 10'18 - Mise à jour 10.10.2017 - mar. : 10'17

Turquie: Ankara demande la levée de la suspension des visas américains

Istanbul (AFP) - La Turquie a exhorté lundi les Etats-Unis à annuler leur décision de suspendre la délivrance des visas, une mesure qui inquiète les marchés sur fond de tensions croissantes entre ces deux pays partenaires au sein de l'Otan.

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               Les autorités turques ont demandé la levée de cette décision à l'occasion de la convocation du numéro deux de l'ambassade des Etats-Unis à Ankara, estimant qu'elle ouvrait la voie à une "escalade inutile", selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu.
               Les Etats-Unis ont suspendu dimanche leurs services de délivrance des visas de leurs missions en Turquie, à l'exception des visas d'immigration, quelques jours après l'arrestation d'un employé turc du consulat américain à Istanbul sur des accusations d'"espionnage".
               En réaction à la suspension par les Etats-Unis de la délivrance des visas, la Turquie a à son tour suspendu dimanche la délivrance des visas sur son territoire pour les Américains, faisant monter d'un cran les tensions entre les deux pays.
               Cette brusque aggravation des tensions a rendu les marchés fébriles : la Bourse d'Istanbul a ouvert en baisse de près de 4% lundi matin et la livre turque s'échangeait à plus de 3,71 contre un dollar en fin de matinée (contre 3,61 vendredi soir), avec un pic à 3,92.
               Cette guerre des visas survient après des mois de dissensions croissantes entre Ankara et Washington, liées notamment à des désaccords sur la Syrie, l'arrestation d'un pasteur américain et la demande d'extradition d'un prédicateur musulman accusé par la Turquie d'avoir orchestré le putsch avorté de juillet 2016.
               En parallèle, les relations entre la Turquie et la Russie se sont spectaculairement réchauffées et ces deux pays, qui ont récemment conclu un important contrat d'armement, coopèrent étroitement sur le dossier syrien.
               
               
               Il s'agit "sans aucun doute d'un plus bas historique dans les relations" entre la Turquie et les Etats-Unis, a déclaré à l'AFP Soner Cagaptay, un chercheur du Washington Institute of Near East Policy, estimant que la précédente crise d'une telle ampleur remontait à 1974, avec l'invasion militaire turque de Chypre Nord.
               L'étincelle a été cette fois l'inculpation pour "espionnage", mercredi dernier, d'un employé turc du consulat américain accusé d'être lié au prédicateur Fethullah Gülen, qui s'est exilé aux Etats-Unis et qu'Ankara accuse d'être le cerveau du coup d'Etat manqué.
               Sans explicitement mentionner cette affaire, l'ambassade des Etats-Unis, qui a annoncé la suspension des visas, a déclaré que le gouvernement était forcé de réévaluer "l'engagement" de la Turquie à l'égard de la sécurité des services et du personnel des missions diplomatiques.
               Le ministre turc de la Justice Abdulhamit Gül a défendu lundi cette arrestation, déclarant : "La Turquie a le droit de juger un citoyen turc pour des activités menées en Turquie".
               Cette dernière arrestation suit celle d'un employé turc du consulat américain à Adana (sud) en mars pour avoir soutenu le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes).
               La région d'Adana abrite la base aérienne américaine d'Incirlik, où sont entreposés des dizaines de missiles nucléaires américains et qui sert de plaque tournante aux opérations en Syrie.
               
               
               Cette crise consulaire inédite survient après des mois de disputes sur plusieurs fronts, à commencer par la Syrie, où la Turquie reproche aux Etats-Unis d'appuyer des milices kurdes qu'elle considère comme "terroristes".
               Autre sujet de discorde, l'extradition du prédicateur Gülen réclamée, sans succès, par Ankara depuis le putsch avorté. Le président Recep Tayyip Erdogan a récemment suggéré qu'il était prêt à l'"échanger" contre un pasteur américain détenu en Turquie.
               Pourtant, l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche avait entretenu l'espoir chez les Turcs d'une embellie des relations bilatérales, Etats-Unis et Turquie étant deux partenaires stratégiques.
               Les tensions actuelles font vaciller les milieux d'affaires. La principale organisation patronale de Turquie, la TUSIAD, a ainsi estimé lundi que la suspension mutuelle des visas allait nuire aux "relations économiques, sociales, culturelles" entre les deux pays.
               Face à ces turbulences, la banque centrale turque a voulu rassurer les marchés en affirmant que "les inquiétudes liées à la géopolitique (pourraient) avoir un impact temporaire".

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